06/10/2006

Al Gore: l'homme derrière le personnage

al gore4 Davis Guggenheim sut dès le départ qu’il lui faudrait gagner la confiance d’Al Gore, «jusqu’à être capable de se mettre dans sa peau».

Impressionné par son charisme et par la fermeté de son discours, il espérait découvrir les motivations intimes de son combat. L’entreprise avait de quoi intimider. Après avoir passé un temps considérable en compagnie de Gore, Guggenheim continuait à lui donner du «Monsieur le Vice-président», et il lui faudrait encore plusieurs semaines pour l’appeler familièrement «Al».

Davis Guggenheim :«Regarder ce type, et se dire qu’il figurera dans les livres d’histoire de vos petits-enfants suffirait à vous paralyser. Mais, plus je passais de temps avec lui, et plus je découvrais sa profonde humanité. Al Gore est devenu à mes yeux cet homme fascinant, posé et plein d’humour, qui se trouvait aussi posséder des connaissances encyclopédiques sur le réchauffement climatique.»

«Et puis, j’ai découvert en lui un personnage remarquable qui avait fait un choix héroïque après une épreuve traumatisante, en décidant de tout mettre de côté pour consacrer sa vie à une cause dont nul ne voulait parler. Réceptif aux émotions fortes, j’ai senti que quelque chose d’intense pouvait se dégager de cette reprise en main de l’après-2000 et du combat d’Al pour tenter de sauver le monde.»

Au fil des semaines, Gore dévoila au réalisateur des pans entiers de son histoire personnelle, lui révélant à travers des anecdotes surprenantes et parfois émouvantes les interférences entre sa vie privée et son profond attachement à la beauté, à la vertu nourricière et au caractère sacré de la Terre. Guggenheim évoque trois événements clés qui ont contribué à forger l’inébranlable engagement de Gore : l’accident de voiture qui faillit coûter la vie à son jeune fils ; la mort de sa sœur des suites d’un cancer du poumon ; sa défaite face à George W. Bush en 2000.«Nous avons eu delongs et nombreux entretiens dont certains furent très intenses, chargés de douleur et d’émotions»,rapporte Guggenheim.«Ces moments sont devenus le fil rouge secret d’UNE VÉRITÉ QUI DÉRANGE – le journal tacite d’Al.»

11:25 Écrit par mû dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Une triomphale première

une vérité qui dérange poster La triomphale première d’UNE VÉRITÉ QUI DÉRANGE au Festival de Sundance répondit à toutes les interrogations des producteurs quant aux réactions du public face à deux sujets aussi controversés qu’Al Gore et le réchauffement climatique.

«Nous nous demandions régulièrement : les gens aborderont-ils ce film avec des idées préconçues ? Ce fut donc très gratifiant de voir qu’il touchait un public très divers : des conservateurs, des libéraux, des gens issus d’états majoritairement démocrates aussi bien que d’états républicains. Je pense que leurs réactions prouvent que cette histoire a un attrait universel.» nous raconte Jeff Skoll et la co-productrice Lesley Chilcott d’ajouter : «Le grand débat sur le réchauffement climatique est clos. La question est maintenant de savoir quand nous allons réagir.»

Davis Guggenheim

davis guggenheim Homme de télévision et producteur de la remarquable série HBO «Deadwood», Guggenheim vit dans UNE VÉRITÉ QUI DÉRANGE l’occasion de renouer avec la veine documentariste de ses débuts, tout en notes de production- -racontant une histoire profondément humaine et pleine d’inattendu.

«Laurie a déboulé dans mon bureau comme un ouragan de force 5, en me disant «Je te propose un film qui pourrait bien devenir le plus important de ta carrière !» Je n’ai pas tout de suite été convaincu, du moins pas avant d’assister à une présentation d’Al Gore, qui m’a soufflé et donné l’envie urgente de raconter cette histoire à un maximum de monde. Le rêve d’un cinéaste est de dénicher un sujet qui l’accroche et qui s’impose à lui. C’est le cas avec ce film. J’ai eu le sentiment que si je ne faisais plus rien d’autre dans ma vie, ce serait déjà une grande chose.»

Bio express

Davis Guggenheim a exercé les fonctions de producteur exécutif sur TRAINING DAY et réalisé le long métrage FAUSSES RUMEURS, tous deux sous la bannière de Warner Bros. Il a tourné les pilotes de plusieurs séries CBS et TNT ainsi que des épisodes de«Numb rs», «The Shield», «Alias», «24 Heures Chrono», «NYPDBlue», «Urgences», «La Vie à cinq».

Il a produit et réalisé la sérieHBO «Deadwood» couronné à l’Emmy.En 1999, Guggenheim entreprit un ambitieux diptyque surl’entrée dans la vie professionnelle de cinq enseignants novices.

De cette immersion en profondeur dans le monde des écoles publiquesde Los Angeles sortirent deux documentaires : «The FirstYear» et «Teach», qui soulignaient le manque cruel de professeurs qualifiés en Californie et dans l’ensemble du pays et appelaient la prochaine génération à se mobiliser.

Présenté sur PBS en 2002,«The First Year» a reçu le prestigieux Peabody Award ainsi que le Grand Prix du Jury auFull Frame Film Festival.

Guggenheim a également signé, entre autres documentaires,«Norton Simon : A Man and His Art» et «JFK and the Imprisoned Child» (qui figurent respectivement dans les collections permanentes du Musée Norton Simon et de la Bibliothèque John F. Kennedy).

Licencié de la Brown University, Guggenheim a débuté sa carrière de cinéaste dans la société indépendante Outlaw, où il travailla en étroite collaboration avec plusieurs réalisateurs, dont Steven Soderbergh sur SEXE, MENSONGE ET VIDÉO, et co-produisit divers longs métrages.

Histoire d'un documentaire qui peut sauver le monde: Au-delà des clivages politiques

glacier Pour Gore et les producteurs, ce discours sur les effets du réchauffement climatique transcende les clivages politiques. Scott Burns :«La science est, par définition, étrangère aux manipulations politiciennes. Al ne sollicite pas vos suffrages, il vous demande de vous mobiliser en vue d’un changement réel.»Jeff Skoll :«Al présente les faits d’une manière originale, fascinante, divertissante et terrifiante. Son but est clairement de sortir de la politique partisane. Il nous dit : «Voici la situation telle qu’elle est, et maintenant, si nous voulons y remédier, il va falloir réunir des gens de tous horizons. Car, qui que vous soyez et d’où que vous veniez, ce problème va affecter votre vie et celle de tout un chacun.»

L’enjeu de ce film hors norme apparut d’emblée aux producteurs.«Il s’agissait tout bonnement de l’avenir de notre planète», dit Laurie David. «Restait seulement… à convaincre Mr Gore.». C’est dans cet état d’esprit que les quatre producteurs hollywoodiens entreprirent, non sans quelque appréhension, un «pitch»hors du commun. «J’ai vécu bien des meetings», rapporte Bender,«mais, cette fois, il s’agissait de convaincre l’homme qui aurait pu devenir Président des États-Unis.».

Fort heureusement, Gore les mit à l’aise. «Il a été charmant et a immédiatement compris que le film pourrait porter son message non plus à des milliers de gens, mais à des millions.»

«L’ampleur de cette crise exige de nous une action prompte, audacieuse et raisonnée», déclare Al Gore, qui voit dans UNE VÉRITÉ QUI DÉRANGE un moyen de plus pour éclairer le monde sur l’urgence de la situation. Les producteurs s’adressèrent à un réalisateur aux multiples talents, Davis Guggenheim, pour conférer au film un style dynamique, intimiste et divertissant.

Histoire d'un documentaire qui peut sauver le monde:Point de départ d’un grand film

patagonie

 

«Dès que j’ai assisté à la présentation de Gore, j’ai su qu’elle pourrait constituer le point de départ d’un grand film», ajoute Lawrence Bender. «Nous pensions tous que cette émouvante démonstration méritait une bien plus vaste tribune.»David et Bender contactèrent alors un ami de longue date, ScottZ. Burns, scénariste, réalisateur et lauréat du Clio, ainsi que JeffSkoll, de Participant Productions, société impliquée dans deux des films les plus marquants de 2005 : GOOD NIGHT, AND GOODLUCK et SYRIANA. Le quatuor ayant assisté à un nouveau show d’Al Gore, en sortit convaincu de la nécessité de lancer rapidement le projet.

Jeff Skoll est de cet avis  «Je pensais en connaître un bout sur ce sujet que j’étudie depuis des années, mais la présentation d’Al Gore a radicalement changé mes perspectives. Je pensais jusqu’alors qu’il s’agissait d’un problème à long terme, et j’ai compris que c’était beaucoup plus urgent que cela. Son argumentaire montre clairement qu’il ne nous reste plus que cinq ou dix ans pour agir. En voyant Al livrer cette démonstration à une centaine de personnes, j’ai su qu’il fallait très vite donner à sa parole l’écho approprié.»

Histoire d'un documentaire qui peut sauver le monde:Un show sincère et performant

C’est aussi un vibrant «appel aux armes» pour inviter son pays à s’attaquer à ce problème avec la détermination et l’ingéniosité qui sont la marque de l’esprit américain. Al Gore a présenté son show plus de 1000 fois et n’a guère eu besoin de publicité pour rassembler un vaste auditoire dans les écoles ou les salles de conférences de grandes métropoles et de modestes villes de province.

Deux personnalités activement engagées dans le combat écologique, Laurie David et le producteur Lawrence Bender, furent particulièrement impressionnées par la démonstration de Gore. LaurieDavid introduisit deux de ces présentations devant des salles combles, à New York et Los Angeles, et en fut profondément marquée: «J’ai vu en Al Gore le Paul Revere de notre temps, sillonnant le pays pour rameuter les populations et lancer un appel urgent que nul n’est plus en droit d’ignorer.»Laurie David mesura aussi les efforts surhumains déployés par Gore pour faire passer son message : «Il se consacre à ce sujet depuis quelque 40 ans, il le connaît mieux que personne et est plus apte que quiconque à le présenter de façon claire et convaincante. Mais il devrait «tourner» 365 jours par an pour toucher ne serait-ce qu’une fraction de ceux qu’il veut convaincre… et le temps presse !»

Histoire d'un documentaire qui peut sauver le monde: la quête d'Al Gore

gore 3Pendant des années, on l’avait présenté comme «le prochain Président des États-Unis», mais, dans la foulée de sa cuisante défaite à l’élection de 2000, Al Gore fit quelque chose qu’on n’attendait pas de lui.

Il prit la route - non en exilé, mais en showman itinérant. Son «show» est une présentation multimédia, non partisane associant de façon originale humour, dessins et informations scientifiques pour illustrer les conséquences dramatiques du réchauffement climatique.